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Contribution au développement touristique décentralisé…

L’écart entre le nombre des Offices de Tourisme et des Syndicats d’Initiative se réduit chaque année. Les Syndicats d’Initiative accèdent au rang d’Offices de Tourisme. Et cette évolution « booste » tout le classement vers le haut. En particulier, on assiste à une progression sensible des Offices de Tourisme 3 étoiles.

Pour autant, de nombreux Syndicats d’Initiative n’ont qu’une fonction limitée et parfois éloignée de nos préoccupations. Faut-il les garder dans notre réseau, dès lors que nos missions de base ne sont pas remplies ou restent accessoires ? Faut-il effectuer un tri et sur quels critères ? Faut-il définir une charte qui les engagerait à une mise en conformité et à une mise à niveau ? Faut-il en reconsidérer le développement dans un cadre élargi (y compris territorial à travers les intercommunalités) ?… La réflexion est lancée au niveau national, mais peu de solutions proposées apparaissent satisfaisantes.

Cette réflexion est très fortement liée à la place et au rôle des bénévoles, en répétant que l’élévation du niveau de qualité et la professionnalisation ne constituent pas une remise en cause des bénévoles, à la condition que l’effort soit fait par tous. Le but est que tous tirent dans le même sens et d’un même mouvement au bénéfice non seulement de nos structures mais, plus généralement, du tourisme « décentralisé ». C’est aussi un enjeu d’efficacité pour les associations que nous sommes. En ce sens, la formation des bénévoles est aussi indispensable que celle de nos personnels salariés. Mais est-ce suffisant pour pérenniser l’ensemble du réseau ?

La distribution territoriale autour des 5 zones touristiques du département du Nord a besoin aussi d’être discutée. Elle fige dans le temps une situation qui pourtant évolue. De la même façon, certains de nos Offices de Tourisme souhaitent reconsidérer leur périmètre touristique, tandis que d’autres se sentent un peu perdus dans un territoire trop vaste. Ces décalages d’espaces par rapport aux moyens mis en oeuvre créent des déperditions voire peuvent ruiner les efforts des uns et des autres. Le débat ne peut pas être évacué et il nous appartient de le porter.

Un attachement plus étroit avec les pays, les parcs naturels, les établissements publics de coopération intercommunale peut être une manière d’ouvrir à de nouvelles dynamiques. La carte de la décentralisation territoriale est un fait acquis avec lequel il nous faut mieux composer ; dès lors qu’on veut que nos OTSI soient l’interface naturelle, raisonnée et efficace entre les politiques locales, les populations et les clientèles touristiques. Encore une fois, ce débat doit trouver sa traduction dans des conventions d’objectifs qu’il faut réécrire en fonction de ces évolutions. Ces conventions ne doivent pas être une manière frileuse de préserver son pré carré. Elles doivent traduire notre propre volontarisme.

La mise en place des schémas de développement locaux constitue le moment opportun pour définir, redéfinir et faire valoir nos préoccupations, nos orientations, nos missions, nos moyens, nos méthodes et notre volonté de faire mieux et plus. Si le tourisme est un enjeu stratégique local, alors on ne doit pas se contenter de dire que nous en sommes, nous devons le prouver ! 

L’évolution très sensible du nombre de salariés dans les Offices de tourisme démontre, s’il le fallait, l’enracinement institutionnel et la professionnalisation qui s’instaure dans nos structures.

L’évolution est plus sensible dans les Offices de tourisme 1 et 2 étoiles.

Dans les Offices de tourisme 3 et 4 étoiles, c’est la pérennisation des emplois qui est remarquable et qui constitue un véritable progrès par rapport à 1999. On note une baisse sensible du nombre des vacataires et des saisonniers au profit des salariés en contrat à durée indéterminée.

La participation importante aux formations proposées par l’UDOTSI nous incite à renforcer encore la qualification des personnels. Il y a là une attente forte. Dans le même sens, il convient de poursuivre la validation des acquis par la reconnaissance individuelle des expériences.

La mise en place de procédures « qualité » est un bon moyen de matérialiser nos engagements vis à vis des clients. Ces procédures doivent être au cœur de la professionnalisation de nos missions et de nos actions. Il nous faut étendre cette démarche « qualité » à l’ensemble des services des Offices de tourisme.

La qualité des locaux, dans un certain nombre d’Offices, s’est grandement améliorée. Cet effort doit s’étendre à l’ensemble du réseau départemental. D’une manière générale, il faut souligner et saluer l’engagement des collectivités territoriales et des établissements publics de coopération intercommunale dans ce domaine. La prise en compte des normes d’accessibilité doit toutefois encore être étendue au bénéfice des quatre handicaps : moteur, visuel, auditif et mental.

S’agissant de la documentation, on observe que la quantité de documents distribués dans nos Offices reste excessive et nuit à l’utilité. 1200 documents différents sont, en moyenne, mis à disposition dans chaque Office de tourisme (ce recensement a été réalisé à partir de l’étude des procédures « gestion des stocks »). Il est nécessaire de recentrer la politique d’édition autour de 2 ou 3 documents par territoire. Il en va de l’efficacité économique et de la prise en considération de la préservation de l’environnement. Il appartient à l’Office de tourisme d’être le « prescripteur technique » en matière à la fois de production et de consommation documentaire.

La banalisation de l’Internet nous oblige et nous obligera à considérer ce média avec beaucoup d’attention, peut-être au détriment de notre participation aux salons. Le développement de la Base d’Information Régionale Partagée doit permettre de faciliter l’alimentation des sites et de mutualiser les données facilitant ainsi les mises à jour.

Plus généralement, il nous appartient de mieux cerner « l’image » que nous souhaitons promouvoir en nous rapprochant encore des socioprofessionnels locaux et de tous les élus. Notre réflexion devra systématiser la recherche des retombées économiques et évaluer la pertinence de nos actions de promotion, en fonction des types de clientèles visés. Cette démarche qui correspond à celle de « force de vente », ne se conçoit pas sans celle, parallèle, de « force de proposition » pour organiser et dynamiser le tourisme local.

Les Offices de tourisme ne sont pas des « officines » fermées sur elles-mêmes. Notre vocation n’est pas seulement celle de « prestataires de service public » et de « marchands de prestations ». Elle s’insère dans un contexte plus large de conception et de mise en cohérence du développement touristique local. Nous sommes des partenaires naturels de ce développement – y compris le développement « durable ». Nous devons clairement définir notre place dans le tour de table des décideurs touristiques locaux et en particulier auprès des élus. La bonne mesure de nos capacités en amont du processus de décision en matière de tourisme conditionne le rôle que nous aurons ensuite à tenir pour la mise en œuvre des décisions qui marqueront les territoires touristiques. Dans cette optique, il appartient à chaque Office de tourisme de mieux articuler ses moyens pour s’ouvrir davantage et donner plus d’efficacité aux partenariats. Ce « cadrage » doit être clairement inscrit dans les conventions d’objectifs négociées avec les collectivités et les établissements publics de coopération intercommunale de rattachement.

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