Séminaire 2000

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COMPTE-RENDU DES RENCONTRES TRANSFRONTALIERES

Lille, le 15 décembre 2000
OUVERTURE DES TRAVAUX PAR JEAN-CLAUDE MARQUIS

Mesdames, Messieurs,

Si je vous dis que nous avons 350 Kms de frontières avec la Belgique et qu'à quelques encablures nous sommes en Grande-Bretagne ; ces deux notations suffiraient à justifier cette journée consacrée aux : RELATIONS TRANSFRONTALIERES DES OT ET SI.
Si je vous dis que, dès 1994, nous sommes allés rencontrer les représentants de l’Europe à Bruxelles pour convaincre du besoin d’organisation du tourisme institutionnel de part et d’autre de nos frontières ; que nous avons cru y rencontrer des oreilles attentives et convaincues de la nécessité de faire ; que pourtant nous sommes restés sur notre faim et sur nos attentes.Si je vous dis que l’UDOTSI du Nord a développé deux plans d’action (1994-1999 ; 2000-2006) comportant un volet transfrontalier, avec une ambition, celle de créer des liens solides et de mener des actions partenariales sans frontière. Si je vous dis que nous ne nous sommes pas contentés de discours et de projets et que nous avons travaillé avec l’Office du tourisme du Hainaut Wallon, à la mise en place d’un OT 1* dans les anciens locaux des douanes à Bettignies (Maubeuge).  Si je vous dis qu’à l’époque, nous avions également essayé de rencontrer nos partenaires belges et, en particulier, la Fédération provinciale du Hainaut de Mons et que ce contact est resté sans suite.  Si j’ajoute encore qu’en partenariat avec l’Académie Européenne du Nord de l’Europe, nous avons rencontré des partenaires européens et... polonais à Gravelines en 1996, à Dinant en 1997 et en Pologne en 1999,  Alors vous avez compris qu’aujourd’hui est une étape supplémentaire dans cette démarche volontaire de rapprochement.  Vous aurez compris aussi que nous sommes un peu têtus et que nous voudrions qu’enfin quelque chose se crée, porteur d’avenir pour une eurorégion ouverte, sur un terrain et dans une activité où les relations restent rares entre voisins qui – sans s’ignorer – continuent de faire comme avant.  Ce que nous souhaitons aujourd’hui ce n’est pas allez à la rencontre des acteurs, c’est à nouveau essayer de les identifier, en cerner les attentes et jauger leur volonté de faire ensemble, de construire des partenariats. 

Pour préparer cette journée, nous avons demandé à la société « CLES PROVINCIALES » :

  •  d’aller chercher les idées et les expériences, en particulier de part et d’autre de l’ex-frontière belge,

  •  d’y regarder l’organisation du tourisme,

  •  d’en analyser les modes de fonctionnement,

  •  de situer les rapprochements possibles,

  •  de voir en quoi les différences créent obstacles,

  •  de faire toutes préconisations utiles pour mieux se connaître, échanger, agir ensemble, mieux satisfaire la quête d’itinérance et de découverte aujourd’hui très diversifiée du touriste.

Nous vivons une époque de grande mutation avec l’émergence de l’Europe des régions, d’une part, et avec le développement de la société des loisirs.
Si nous voulons que cette Europe soit respectueuse des communautés, des patrimoines, des singularités locales, nous devons y faire valoir nos richesses – en particulier culturelles et touristiques – non pas comme un héritage du passé jalousement gardé, mais comme un capital pour l’avenir à faire fructifier, à nourrir, à partager.
Si nous voulons que ce champ de l’activité touristique ne soit pas élitiste et bénéficie au maximum d’attentes, alors il nous faut imaginer ce monde nouveau et, souhaitons-le, meilleur. 
Pour avoir une chance d’y parvenir, ce n’est pas la concurrence que nous devons faire jouer avec les homologues des autres régions, ce sont les complémentarités. 
Les gens qui traversent l’ancienne frontière l’ont déjà presque oubliée.
Et quand ils vont de part et d’autre ils vont pour échanger, dans le respect des différences.
Pourquoi les responsables du tourisme, et d’abord les institutionnels et les associatifs, ne seraient-ils pas des facilitateurs, ces « passeurs de rêve » ?
Or, que constate-t-on ?
Qu’on est loin du compte !   absences d’équivalence, barrières linguistiques, méconnaissance des circuits décisionnels et financiers, méthodes de travail d’un autre temps, absence de volontarisme, bonne conscience d’être meilleur que l’autre, individualisme parfois forcené lorsqu’il met le profit avant le touriste, bref, toutes sortes de blocages qui empêchent de faire donner toutes ses dimensions et tous ses fruits à une activité économique majeure.
Alors, peut-être et même sûrement, il faut tourner cette page et entrer dans le 21ème siècle de manière plus constructive et plus solidaire.
C’est à cela que nous invitons une fois de plus et avec nos partenaires :

  • Le Secrétariat d’Etat au tourisme,

  • Le Conseil régional Nord/Pas de Calais Le Conseil général du Nord,

  • l’Académie Européenne du Nord de l’Europe

INTERVENTION DE REMY DUFLOT, OBSERVATOIRE REGIONAL DU TOURISME

 Il rappelle que l’observatoire est un service du Comité Régional du Tourisme dans lequel travaille 3 personnes.

 Quelques généralités :

La région Nord-Pas-de-Calais, c’est :

  • Une terre ouverte et de rencontres

  • Des flux de voyageurs multiples et variés aux motivations variés : flux de  transit, flux de destination pour le travail, flux de destination pour les loisirs

Dans un rayon de 300 km, 100 millions de personnes.

 Quel dispositif de mesure utilise-t-on ?
3 moyens :

  • Comptages aux postes-frontières (sondages)

  • Données par modes de transport (transports collectifs)

  • Interrogations des populations

 1) Comptages sur les postes frontières : ils se font aux postes-frontières maritimes (flux transmanche) et aux frontières terrestres (franco-belge)

Résultat (1 année) :

  • plus de 96 Millions de passages terrestres

  • un peu moins de 18 millions par les ferries

  • un peu moins de 20 Millions par le tunnel

soit 136 millions de passages (68 Millions de personnes), le trafic transmanche a doublé depuis 1992 (en partie grâce à l’ouverture du tunnel en 1995).
Rq : la légère croissance annuelle observée depuis 1995 semble s’être arrêtée depuis l’abolition du duty-free en juillet 1999.

2) Interrogations des populations (enquête excursionnistes)

Population : 10 Millions d’habitants en Belgique 1,5 Millions dans le Kent 4 Millions dans le Nord-Pas-de-Calais

Sur 37 Millions d’excursions réalisés dans le Kent :

  •          36.5 Millions sont faites par les habitants du Kent

  •          150 000 sont faites par les habitants du Nord-pas-de-Calais

  •          126 000 sont faites par les habitants de la Belgique

Par contre, 2,7 Millions d’excursions sont faites par des habitants du Kent dans le Nord-Pas-de-Calais. 
En Belgique, 62,5 Millions d’excursions réalisées (en 1 an) - 40,7 Millions émanent de la population belge - 22 M émanent de la population du Nord-Pas-de-Calais
A l’inverse, 4,2 Millions d’excursions de belges vers le Nord-Pas-de-Calais (rapport de 1 à 5 : lorsqu’un belge vient en excursions dans le N-P-de-C, 5 français vont en Belgique).
En N-P-de-C, 58.3 Millions d’excursions : 51,3 Millions par les habitants du N-P-de-C - 4 Millions par les Belges - 2,7 Millions du Kent
 Voilà présenté brièvement les chiffres-clés du trafic transfrontalier.

INTERVENTION D’EMILIE ANDRE, FNOTSI 

Elle présente l’organisation nationale du réseau des OT et SI.
En 1999, 60 millions de visiteurs ont franchi les portes d’un OT, dont 20% d’étrangers.
39% du réseau fonctionne déjà en intercommunalité (et cela devrait s’accentuer) ; la mise en place de démarche qualité se généralise.
3 grandes lignes de la politique de la FNOTSI :

  •  Faire de l’accueil un accueil à finalité économique

  •  Qualité du réseau : classement des OT, des meublés, démarche qualité

  •  Coordination des acteurs locaux du tourisme où les OT prennent leur place.

Le président MARQUIS, en tant que Secrétaire Général de la FNOTSI précise que, pour l’instant, la Fédération Nationale n’a pas d’action transfrontalière. C’est toujours au niveau départemental ou régional que les contacts sont pris, que les réflexions sont menées ; ces informations remontent  ensuite au niveau de la FNOTSI ; la FNOTSI essaie ensuite de les analyser au niveau national. On remarque un besoin d’échange mais « tout le monde attend tout le monde ».
Bernard RUELLE précise que dans les années 1980, on a voulu faire une fédération européenne des OTSI. Mais cela a échoué face à des différences importantes de fonctionnement et de missions des OTSI selon les pays.
Philippe TABARY souligne qu’au niveau européen, il y une très grande réceptivité aux problèmes du terrain, en particulier au niveau du Parlement Européen, qui veut s’appuyer, pour faire l’Europe, sur la base.

INTERVENTION DE MONIQUE RAES, de TOERISME VLAANDEREN

 Elle  nous présente l’organigramme p15. 4 grands principes :

  • 1 Marketing-promotion

  • 2 développement de produits

  • 3 Qualité du produit

  • 4 Efficacité de la réalisation

En 2001, veulent mettre l’accent sur le partenariat stratégique avec le secteur privé, l’OPT, les fédérations Provinciales, les OT…
Il y a également des antennes dans les grandes villes (comme New York..). ces antennes travaillent surtout sur le thématique, organisent des voyages de presse…
La réussite est basée sur une communication, une synergie, une entente ; ce sont les points les plus importants et en cela, ces rencontres sont une bonne chose.
La politique de communication a évolué : il y a 10 ans, on disait à tout le monde, « venez en Belgique, tout le monde vous comprendra ». Aujourd’hui, c’est différent : les jeunes, notamment peuvent désormais choisir leur 1ere langue (alors que le français ou le néerlandais était autrefois obligatoire). Aujourd’hui, on ne garantit plus le français.

INTERVENTION DE JEAN-PIERRE LAMBOT, COMMISSAIRE GENERAL AU TOURISME (région Wallonne)

Quand on parle d’organisation en Belgique et encore plus en Wallonie, pour résumer : Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
La Wallonie, c’et une région de 16 000 km², 3,3 Millions d’habitants mais répartis de façon très différente. Réseau important de villes moyennes, avec une seule grande métropole qui ne compte néanmoins que 0.5 millions d’habitants.
Le tourisme se caractérise par :

  •  Offre : 600 hôtels, 400 terrains de campings, 100 centres de tourisme social, 100 villages de vacances, environ 50 000 résidences secondaires.

  •  Marché : Il faut en faire une destination entre le tourisme d’excursion et le tourisme de séjour

  •  Pour le tourisme d’hébergement, le profil moyen de la clientèle, ce sont des flamands qui, après avoir passé, une semaine sur la côte espagnole, une semaine à la montagne, viennent enfin chez nous pour un tourisme de court séjour (3-4 jours), de proximité. 90 à 95% des touristes viennent du Bénélux. Cela explique aussi l’explosion des gîtes ruraux en Wallonie.

  •  Pour le tourisme d'un jour, fort développement depuis 15 ans ; la clientèle vient du Bénélux, mais aussi du Nord-Pas de Calais

  • Pour bien comprendre l’organisation du tourisme en Belgique, il faut bien avoir à l’esprit que l’Etat n’existe plus (dans la notion de pyramides). Par exemple, quand il y a une rencontre internationale, il n’y a pas de ministre commun : il faut toujours s’arranger pour désigner un représentant  qui représentera l’ensemble de la Belgique.

La situation est complexe : 300 organismes s’occupent de tourisme, au sens de l’information, du développement, de la promotion…
230 SI et différents organismes à différents niveaux.
Aujourd’hui, il y a en plus les 42 Maisons du Tourisme.
Sur le plan local, les SI émanent plutôt d’initiatives privées (associations de commerçants…), tandis que les OT émanent plutôt de l’autorité locale.
Il y a plus de SI que d’OT.
Rq 1 : certaines communes ont plusieurs OTSI, car il y a 25 ans, il y a eu les fusions des communes  et les OTSI qui existaient n’ont pas disparu.
Rq 2 : Grande différence selon les SI tant au niveau du personnel, que de l’accueil…
Sur le plan intermédiaire, il y a 5 Fédérations Provinciales du Tourisme, mais de taille et de préoccupations très diverses. Ce sont elles qui sont fédérateurs des organismes de tourisme mais ce sont aussi des organismes qui lancent des initiatives qui leur sont propres (promotion, formation, équipements touristiques..)

 Sur le plan régional, 2 instances :        

  • l’administration régionale

  • L’organisme de promotion (du même type que Maisons de la France) + instances consultatives

En plus de tout cela, se mettent en place les Maisons du Tourisme. Depuis 1 an et demi et jusque 2001, 42 Maisons du tourisme devraient être mises en place.
A l’origine, cela a fait peur aux SI et aux Fédérations Provinciales.
Une Maison du Tourisme, c’est un « immeuble » où on peut assurer tous les visiteurs d’avoir un accueil toute l’année et toute la journée ; c’est un lieu où on peut être accueilli, renseigné…
Le principe, c’est qu’il y a  une Maison du tourisme à moins de 15 minutes en voiture quel que soit l’endroit où on se trouve en Wallonie.
La Maison du tourisme, ce n’est pas seulement un service d’accueil ; la Maison du tourisme peut également apporter différents services d’aide et d’assistance aux OTSI.
Les réactions des FPT ont été variées.
Sur le plan juridique, il est passé un contrat-programme avec la maison du tourisme, avec des objectifs. Ce contrat est signé par le Ministre.
Sur le plan pratique, dans certains cas, le Ministère n’a qu’à valider les préconisations des FPT (notamment dans le Luxembourg).
Pour l’instant, 22 maisons de tourisme ont été créées au 31/12/00 ; à terme, il en est prévu 42.
Sur le plan financier, dès qu’une Maison du tourisme est reconnue, elle a droit à un subside de fonctionnement pendant 3 ans (2,6 Millions de BEF, soit environ 40% du coût moyen d’une maison du tourisme) et peut solliciter tous les crédits disponibles pour le tourisme. Pour les 60% restant, subvention directe : Province ou Commune Subvention indirecte : mise à disposition de bâtiment, de personnel ….
Rq : en moyenne , environ 5 emplois par maisons du tourisme

INTERREG

Présentation des chiffres de l’étude par Gérard DAEMS 
Mr TABARY précise qu ‘INTERREG se caractérise par une diversité de projet. Il rappelle que l’Europe finance le PROJET, et non pas une structure.
2ème point : on évolue vers plus de souplesse au niveau européen, et notamment dans les projets. On va vers un tourisme de proximité, et non des projets gigantesques comme ça a déjà été le cas.
Par exemple, le zoo de Maubeuge est subventionné par le feder, car aujourd’hui, on considère que ça fait partie du développement économique et de la qualité de vie.
3ème point : il n’y aura pas de financement de fonctionnement, mais en même temps, on pourra subventionner des manifestations qui sont porteurs d’image pour la Ville.
Pour obtenir des renseignements sur INTERREG, il faut rencontrer les parlementaires européens, ou aller dans les relais d’opinion (maison de l’Europe, Commission européenne, AENE..)
Petite précision : le tourisme est souvent rangé dans la DGE « entreprise ».
Enfin, dans beaucoup de cas, l’Europe finance à condition que l’Etat finance.

CONCLUSION DE CETTE MATINEE PAR MONSIEUR TABARY

Aujourd’hui, d’un cul de sac, nous sommes aujourd’hui au centre. Il y a en plus :

  • l’augmentation des temps libres

  • l’augmentation des retraités

  • un vaste marché de très haut pouvoir d’achat

  • dans notre patrimoine commun, il y a un passé très intéressant que l’on recherche et qui est un moyen de nous constituer un avenir.

Ces rencontres, Gérard DAEMS l’a déjà dit : c’est un moyen d’ouvrir des portes ; je dirai plutôt que c’est aussi un moyen pour que les portes ne se referment pas. On doit attirer dans les carrefours et on doit réguler les flux. L’Europe ne peut pas tout faire, elle peut seulement aider ; ce sont les citoyens qui font l’Europe.

PRESENTATION DE l’EUROGION PAR ALBERT GIETS, délégué commercial région Wallonie-Bruxelles

Avant l’eurorégion, il y a eu un regroupement entre le Kent et le Nord-Pas-de-Calais, qui s’appelait le transmanche.
L’eurorégion est composée du Kent, de la Belgique et du N-P-de-C. On y travaille réellement depuis 2 ans. Un site internet a été créé.
Mais il n’est pas facile de travailler ensemble ; dans le grand public, cette entité est inconnue pour 9 personnes sur 10. Il faut donc de la persévérance ; il faut se mobiliser ; il y a derrière des incitations financières ; il faut du concret ; il serait peut-être temps aussi de savoir ce qu’est l’eurorégion et la promouvoir.

Remarques diverses :

L’OT de Mouscron précise qu’entre la France et la Belgique, il y a parfois un problème de réciprocité dans l’échange d’information.
Mr HERMAL dit qu’il est temps d’arrêter les préjugés , en particulier en ce qui concerne le réceptif en Belgique. Il y a des problèmes comparables en France et en Belgique.
L’OT de Comines insiste sur le fait qu’il faut des outils transfrontaliers. Par exemple, un projet INTERREG est en cours depuis 1995 mais il rencontre des difficultés, notamment sur la structure juridique à mettre en place (association, Asbl..).
Effectivement, Mr TABARY est bien conscient du problème mais précise que c’est complexe car il y a des problèmes de responsabilités, des problèmes fiscaux.
Le plus simple est souvent de créer deux structures de part et d’autre de la frontière et de les faire travailler ensemble.

PARTENARIAT ENTRE l’OT DE LA PANNE ET DUNKERQUE PAR SERGE BARRIERE

Ce sont les 2 Maires qui ont souhaité ce partenariat. Dans les années 1980, il y a eu une charte de cousinage qui a été signée ; elle a été réactualisée en 1999 .
Cela a donné naissance à de multiples projets concrets : rapprochements de personnels ; petit à petit, nous avons appris à mieux connaître la destination, à échanger. Dunkerque est présent sur les brochures de la PANNE et réciproquement.
En terme de produit, Dunkerque est proposé par la PANNE et réciproquement. Sur le plan événementiel, il  y a des échanges (fanfares…)
C’est un partenariat qui repose sur la volonté des personnes ; nous avons privilégié les relations de proximité ; l’OT de la Panne nous a permis un accès au réseau belge, aussi bien sur le plan technique que financier. 
Néanmoins, il existe des contraintes, par exemple de fonctionnement (publication belge qui sort en octobre alors qu’elle sort en février pour Dunkerque…)
Au-delà des habitudes de fonctionnement, on manque souvent de structure de fonctionnement : on rencontre plus facilement les gens du Nord même s’ils sont distants de 100 km plutôt que nos voisins belges, pourtant beaucoup plus proches.
Il y a aussi une administration qui ne facilite pas toujours les choses. 

LA CARTE TOURISTIQUE TRANSFRONTALIERE PAR CLAIRE DUCOULOMBIER, COMITE DEPARTEMENTAL DU TOURISME 

C’est un programme interreg II, adopté en 1996. Cela a mis un certain temps à se mettre en place car ne se connaissait pas du tout au départ. Les premières actions ont débuté en 1998.
A partir de février 1999, une carte des randonnées belges et français a été créée (50 000 exemplaires). 2ème édition pour février 2000 (30 000 exemplaires).
On retrouve sur la carte tous les circuits disponibles sur des fiches de randonnée, traduite en F, NL, GB.
Rq : les fiches sont gratuites en France, payantes en Belgique.
Les échanges ont été intéressants mais en même temps, cela entraîne des contraintes.
Le Président MARQUIS s’étonne que l’adresse de l’UDOTSI du Nord ne soit pas indiquée sur la carte.

INTERVENTION DE PHILIPPE HERMAL, représentant la Centre d’Action Touristique des Provinces Wallonnes

Il précise qu’il représente les 5 FPT de Wallonie.

  •  1 Luxembourg BELGE :

  • 242 000 habitants

  • 44 communes

  • 12 Maisons du tourisme programmées, dont 6 opérationnelles

  • 56 OTSI

  • 50 attractions

  • 212 hôtels

leur projet transfrontalier : circuit de la bière (Province de Luxembourg, Grand Duché de Luxembourg, Moselle)

 2 HAINAUT

  • 1,3 Millions d’habitants

  • 69 communes

  • 7 Maisons du tourisme programmées, dont 2 opérationnelles

  • 37 SI-OT

  • 166 attractions

  • 57 hôtels

leur projet : développement du tourisme fluvial (carte touristique, partir en croisière..)

  •  3 NAMUR

  • 438 000 habitants

  • 387 communes

  • 7 maisons du tourisme programmées, dont 5 opérationnelles

  • 68 OTSI

  • 148 attractions

  • 102 hôtels

 Actions : carte touristique, l’ardennes gourmande, bourse d’échange…

Projet : guide semois et meuse, passeport transfrontalier (en lien avec le CDT Meuse..)
En conclusion, quelques constats :

  • les zones frontalières sont défavorisées ; il y a souvent une administration centralisée ; il n’y a pas de culture touristique, sauf de proximité ; nous sommes aussi dans une région de tradition métallifère ; rien ne l’a préparé donc à développer le tourisme.

  • L’économie touristique, c’est une nouveauté économique récente.

  • Le tourisme de proximité s’est développé naturellement, sans réelle stratégie

  • Il y a eu l’avènement d’un client nouveau (temps de loisirs, la démarche de vacances est un phénomène récent chez les wallons…)

  • Quelques villes ont réussi à se développer touristiquement ; c’est sur la qualité de l’offre et le prix qu’il faut travailler en priorité.

EMMANUEL LEQUEUCHE, PARC NATUREL REGIONAL TRANSFRONTALIER DU HAINAUT

Je rappelle qu’un PNR, c’est un territoire où la population habite ; elle est donc partie prenante dans le développement touristique.

3 missions :         

  • Gestion et valorisation du milieu naturel et du patrimoine

  • Contribution au développement local

  • Education à l’environnement

 problématiques majeurs touristiques :

  • eau

  • abbayes : maison  de patrimoine, expositions…

  • Patrimoine minier : c’est notre atout touristique majeur, même si pendant un temps, on ne voulait plus en parler

  • Frontière : attrait touristique naturel

Avec les OTSI, il y a eu la production de documents touristiques : l’ensemble des documents est transfrontalier, calendriers de sorties-découverte 2 fois par an, signalétique touristique commune (avec les RIS)

On est confronté à 3 problèmes :

  • sur le parc, il y a 10 OTSI ; on essaye de se voir régulièrement mais les structures sont différentes de part et d’autre de la frontière

  • Comment professionnaliser les OTSI ? mise en place d’un stand PNR que les OTSI co-animent

  • Charte européenne du tourisme durable, signée en 2000 : c’est la démarche qualité qui va permettre de travailler ensemble, avec l’ensemble des prestataires : c’est le chantier des 3 ans à venir.

NICOLAS PLOUVIER, représentant l’IDETA 

Avant, le tourisme se concentrait surtout  sur Tournai (300 000 visiteurs), et le Parc PARADISIO (400 000 visiteurs).

Nous avons mis en place

  •  un plan de développement

  •  définition d’investissement

  •  association des privés (création de club d’entrepreneurs)

  •  réalisation d’un plan marketing

 Aujourd’hui, nous sommes à la phase de mise en œuvre du plan marketing avec la création de 2 outils : cellule d’ingénierie touristique et Maison du tourisme.

Mise en place de cartographies, de RIS, de panneaux d’interprétation, de logos, de banques d’images.

Des bornes d’informations (belges et françaises) ont été mises en place.

 Dans les projets, l’IDETA souhaiterait des éductours communs, développer les partenariats.

 Gérard DAEMS précise que les interventions sont très riches et que les 2 dernières interventions montrent un grand professionnalisme et des stratégies bien définies. Même s’il apparaît que ces 2 interlocuteurs veulent la concertation avec les OTSI, on comprend un peu l’interrogation des SI qui se posent des questions sur l’avenir du bénévolat et sur le positionnement de leur structure face à de telles stratégies.

INTERVENTION DE YVES SCHOEFS, de la société SCREP Multimédia

 La société collabore depuis 20 ans avec la FNOTSI. Mr SCHOEPS nous fait une démonstration du contenu du CDROM national des OTSI. 

CONCLUSION PAR PHILIPPE TABARY 

Depuis ce matin, il m’a semblé qu’il y avait une réflexion sur le savoir voir et savoir faire voir ; il me semble que c’est important. C’est important également car le tourisme a une impact économique.

Il était intéressant de relever les expériences ; elles étaient diverses, et chacune très enrichissante.

Aujourd’hui, nous sommes à la recherche d’authenticité, de culture. Vous représentez la force du bénévolat, le terrain ; c’est essentiel mais en même temps, être bénévole ne veut pas dire « non-professionnalisme ».

En conclusion, l’Europe se fait à la base ; elle ne se fera pas sans vous ; le temps libre ne doit pas être un temps creux.

 Jean-Claude Marquis remercie tous les participants, ils ont été nombreux et conclu : pour réussir un projet, Hommes, Produits et Espace doivent se rencontrer.

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